Tous les jours, des centaines de milliers d’idées sont assassinées, c’est une véritable boucherie. Et on est tous responsables : vous, moi, les autres.

Et oui, parce qu’on est dotés d’esprits logiques, rationnels… critiques. Donnez-nous une idée et en quelques secondes on sera capable de vous expliquer pourquoi ça ne peut PAS fonctionner. Il est un plus contre-nature pour nous de penser à l’inverse : « qu’est ce qu’il y a à tirer de cette idée?’

Pour comprendre, il faut déjà souligner l’extrême fragilité d’une nouvelle idée. C’est comme une fleur en train d’éclore, un rien peut perturber sa croissance. Elle requière délicatesse et soin… sinon, elle se recroqueville et meurt avant d’avoir pu révéler sa potentialité.

Une idée c’est cela, ni plus, ni moins : c’est une potentialité, un début, une amorce qui peut mener à de grandes choses. Pour cela, encore faut-il ne pas tuer le bébé dans l’œuf.

 

Quels sont ces grands assassins d’idées qui sévissent au quotidien en nous et autour de nous ?

ASSASSIN #1 : LE JUGEMENT HATIF ou l’absence d’écoute

A l’école on nous a appris à donner la bonne réponse. Plus tard, la vie nous a appris à faire de bons choix. Au travail il y a une bonne et une mauvaise manière de faire les choses. Et c’est ainsi que nous écoutons les autres. Mais rappelons qu’une idée n’est ni mauvaise ni bonne à sa naissance, c’est ce qu’on choisira d’en faire qui en donnera tout son sens. Car il faut bien faire la différence entre une solution aboutie, logique et rationnelle, et une idée, qui elle a le droit d’être absurde ou extravagante.

  • Notre fonction ‘rejet’ doit ainsi être tue pour pouvoir écouter une nouvelle idée.

 

ASSASSIN #2 : L’AUTO-CENSURE ou comment vous tuez vos propres idées

Vous pensez à une idée, et vous la discréditez immédiatement avant même de la prononcer à voix haute. L’idée n’a presque jamais existée. Pourquoi ? Et bien premièrement, vous avez peur du jugement des autres que l’on vient d’aborder. Mais aussi parce qu’on est critique envers soi-même et que si l’idée n’apparaît pas de prime abord comme super et réalisable alors elle est rejetée. Mais une idée ne naît jamais ainsi… elle est comme nous à la naissance : inaboutie. Elle a besoin de se développer, de se transformer avant de pouvoir être opérationnelle.

  • Ne vous censurez plus et aidez vos idées à grandir.

 

ASSASSIN #3 : L’ESPRIT CRITIQUE ou pourquoi ça ne fonctionnera pas.

Cela a dû vous arriver des dizaines de fois : un ami, un collègue vous expose une idée (encore toute jeune, pas très élaborée), et en moins de temps qu’il ne le faut pour dire ‘Indiana Jones’ vous en avez déjà cerné les faiblesses. Et vous allez lui expliquer d’ailleurs. Ou alors être agacé. Mais en fait, c’est vous qui allez plus vite que la musique. L’esprit critique est incontournable et jouera un rôle de choix pour la mise en œuvre d’un projet… mais appliquer cette logique trop rapidement c’est perdre toute la potentialité derrière l’idée (qui ne sera jamais exploitée, parce que rejetée).

  • Une fleur n’éclore pas en un jour, laissez un peu de temps pour mûrir les choses.

 

ASSASSIN #4 : LES QUESTIONS ou l’art subtil de l’interrogatoire

Oui, ça peut paraître étonnant tant une question peut aussi exprimer une curiosité, et même parfois une validation. Bien sûr les questions positives et collaboratives sont les bienvenues… Mais soyons honnêtes, souvent les questions sont autant de critiques implicites, et ce sont ce type de questions que je vise : ‘Et vous pensez que ça va marcher, ça ?’ /’Vous pensez pas que ça va couter un peu cher, ça ?’ etc.

  • Alors, avant de faire subir un interrogatoire tenace à une idée pour l’heure innocente, laissez-lui de la place… Les questions de ce type viendront plus tard.

 

ASSASSIN #5: LES PHRASES COUP DE GRACE

  • L’immobiliste : ‘On a toujours fait comme ça, donc je ne vois pas pourquoi on devrait changer’.

Dans ce cas, y-a-t-il une bonne raison de ne rien changer ? si le changement n’est pas au menu, quels sont les avantages concrets de l’immobilisme ? ce qu’on a toujours pris pour acquis jusqu’à présent est-il vraiment valide ?

  • Le défaitiste : ‘On a déjà essayé dans le passé.’

Super, ça nous fait un excellent point d’entrée. Pourquoi est-ce que ça n’a pas marché ? Comment avez vous procédé ? Comment pourrait-on le faire différemment ? etc.

  • Le pessimiste: ‘J’sens que ça va coûter cher.’

C’est un peu tôt pour parler de budget. Mais excellent point d’entrée : comment pourrait-on mettre cela en place à moindre coup ? Allez soyons fous : comment le faire gratuitement ? Quels retours peut-on escompter ?

  • Le devin :C’est impossible.’

En l’état peut-être (et encore ce serait à vérifier). Mais la question intéressante c’est toujours : que peut-on adapter à cette idée pour la rendre possible ? Quelles alternatives s’offrent à nous ?

  • Le pressé : ‘Je noterai cette/mon idée plus tard.’

C’est une condamnation à mort : une idée ne vit pas très longtemps. La pensée est furtive et si on ne fait pas l‘effort de noter son idée immédiatement, il y a de grandes chances qu’on la perde…

  • Le faux soutien : ‘C’est pas mal, MAIS….’

Voir assassin #3

 

Bien sûr ce n’est pas un article qui mettra un terme à tous ces terribles meurtres d’idées. Mais je pense que vous en sauverez maintenant quelques unes, et ça c’est déjà un apport notable.

 

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